Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 00:01

MURILLO-Bartolome-Esteban-Adoration-des-bergersSi l’on disait à un mourant: voilà, un médecin vient d’inventer un remède-miracle, je vais te sauver et tu retrouveras rapidement ta forme d’avant, quelle ne serait pas la joie de ce malheureux en apprenant l’heureuse nouvelle. Combien plus grande fut la joie que les anges procurèrent aux bergers en leur annonçant la bonne nouvelle: le Messie est arrivé. Le Dieu “qui renverse et ressuscite” venait cette fois apporter une aide si extraordinaire aux hommes, qu’elle allait changer toute l’histoire de l’humanité.

Les hommes vivaient alors dans la barbarie: dans les chroniques de l’époque on lit avec quelle cruauté étaient traités les vaincus, les prisonniers, les malades, les enfants, les esclaves, les orphelins, les veuves; quelle haine existait entre les nations et entre les hommes; quel orgueil et quelle avarice il y avait dans la vie de chaque jour, au point que les familles elles-mêmes étaient divisées à cause du pouvoir ou de l’argent. César fut trahi et tué par son fils adoptif qui lui était si cher.

Pour ce qui concernait le culte du vrai Dieu, la situation était encore plus tragique: les différentes divinités que les peuples adoraient étaient en général toutes plus mauvaises les unes que les autres; en réalité elles n’étaient rien d’autre que des inventions de la fantaisie, des images de créatures capricieuses.

Alors que le monde et les hommes vivaient ainsi, le Seigneur pensa se faire connaître aux hommes, pour apporter à nouveau la lumière de la vérité à l’humanité tombée dans un état aussi déplorable. Et puisque Dieu est pur esprit et ne peut être vu avec les yeux humains, Il pensa une chose que Lui seul pouvait imaginer: prendre la nature humaine, tout en restant Dieu. De plus, afin que les hommes ne craignent pas ce Dieu fait homme, Il voulut venir au monde comme tous les hommes, mais en naissant d’une vierge.

De cette manière quiconque regarde maintenant l’Enfant Jésus, n’a pas à craindre un Dieu prêt à le foudroyer, mais doit admirer ce mystère, que tout le monde peut saisir, mais que personne ne peut comprendre complètement: le Seigneur qui a créé toutes choses, qui tient en vie toutes les créatures, se fait petit comme un enfant, a besoin de tout comme un enfant.

Mais si nous voulons en savoir plus, approchons-nous du lieu où Jésus est né; il s’agit comme chacun sait de la grotte de Bethléem et non du palais du roi Hérode, qui cependant n’était pas loin. Jésus a voulu naître précisément là et il ne s’agit pas d’un hasard: Dieu est Dieu, et rien n’arrive sans Sa permission.

Puisque les hommes vivaient mal, il fallait leur enseigner la vérité: Jésus le fit d’abord par l’exemple et ensuite par l’enseignement, comme nous le lisons dans les Evangiles. Si les hommes étaient cruels, c’était parce qu’ils vivaient de manière désordonnée, esclaves des passions, de l’orgueil, de l’avarice, de la sensualité.

L’orgueil est ce mouvement du cœur qui consiste en un amour et estime de soi immodérés, qui fait que nous ne voulons dépendre de personne, que nous craignons de nous voir humiliés, et que nous recherchons ce qui nous fait être estimés des autres. Jésus en naissant se soumet aux lois des hommes: le recensement voulu par Auguste obligera en effet St Joseph et la très Sainte Vierge à quitter leur habitation pour aller jusqu’à Bethléem. Jésus n’a pas voulu l’honneur du monde: Ses parents se virent refuser une place à l’hôtellerie; le Roi du ciel et de la terre, venu donner Sa vie pour le salut des hommes, a été méprisé au point de devoir prendre comme demeure celle des animaux. Loin de chercher l’estime des hommes, Jésus naît dans l’obscurité: seuls les bergers, avisés par les anges, viendront adorer Dieu fait homme.

Après cet exemple, comment pouvons-nous conserver un cœur rempli d’orgueil et de vanité, comment pouvons-nous regarder la crèche et chercher encore l’estime et la louange des hommes? Ecoutons au contraire les paroles de Jésus: “Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur” (Math. XI, 29).

L’avarice est l’amour désordonné des richesses et des biens de ce monde. St Paul nous avertit qu’elle est la source de tous les maux: en effet combien cette passion ne produit-elle pas d’injustices, d’envies, de haines, de procès, de conflits, d’animosité. Est avare non celui qui possède les richesses, mais celui qui les convoite: un riche peut en être détaché, mais un pauvre peut être avare. Jésus, venu pour guérir les passions des hommes, a voulu naître dans la plus grande pauvreté et dans l’absence de toute commodité, même les plus nécessaires pour tous les hommes; ainsi Il ne naîtra pas dans une maison lui appartenant, Il ne trouvera pas l’hospitalité auprès d’aucun parent ou ami, mais l’étable sera Sa première demeure sur la terre. Certes ce ne sont ni les palais ni les cours qui manquaient sur la terre: Son palais sera au contraire l’étable, Son berceau sera la paille, Ses vêtements seront de pauvres linges, et Sa cour sera formée de bergers.

Jésus pouvait-Il nous enseigner mieux que cela en quelle considération nous devons tenir les biens de ce monde? Si nous avons encore notre cœur attaché aux biens de la terre, rappelons-nous que les richesses ruinent l’amour de Dieu, que nous devrons de toute façon les quitter après cette vie, que quiconque meurt avec cette affection désordonnée ne peut entrer au Paradis. Ecoutons les paroles de Jésus: “Bienheureux les pauvres d’esprit, parce qu’à eux appartient le royaume des cieux” (Math. V, 3).

La sensualité est l’amour désordonné du plaisir des sens, qui naît de l’excès dans le boire, dans le manger, dans le repos, dans les aises, ainsi que des spectacles profanes. Jésus est venu pour nous guérir aussi de cette maladie: Il naît dans la souffrance, durant la nuit, dans la saison la plus froide, et venant de naître Il est couché sur la paille. Quand un enfant vient au monde, il est entouré des attentions les plus tendres, au contraire Jésus veut naître et mourir au milieu des souffrances. Un Dieu souffre pour nous, pour nos péchés, et nous ne voudrions jamais rien souffrir, nous voudrions avoir toutes les commodités! Dieu aime la pureté, et Il est venu pour guérir la plaie de la sensualité: ne devons-nous pas nous aussi désirer cette vertu? Avec quelle ardeur ne devons-nous pas chercher ou conserver la pureté tant aimée de Dieu. Nous avons vu comment Jésus fait homme, fait enfant, nous aime: comment pouvons-nous refuser de L’aimer de tout notre cœur? Il nous appelle maintenant ses frères, ses amis, ses enfants: efforçons-nous d’en être dignes. Et si le péché nous tient éloignés de Lui, demandons-Lui pardon de toutes nos forces, et Il nous obtiendra la grâce de persévérer. Ecoutons encore les paroles de Jésus: “Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu” (Math. V, 8).

Si nous voulons pénétrer dans le mystère de Noël, ne nous arrêtons pas seulement à regarder l’Enfant-Jésus, comme firent le bœuf et l’âne. Ecoutons Ses paroles, essayons de suivre ses pas, et nous serons Ses dignes disciples. Dignes, parce que nombreux sont ceux qui se disent chrétiens, mais qui vivent comme les hommes avant la venue de Jésus sur la terre. Dignes, parce que nous mépriserons les honneurs de ce monde, nous n’aurons pas le cœur tendu vers les biens terrestres, ni appesanti par la sensualité.

Et ainsi la fête de Noël ne sera pas seulement la fête de famille, la fête du repas avec la bûche, mais sera la fête de Jésus, qui viendra dans notre cœur parce qu’Il l’aura trouvé pur et semblable au Sien, parce qu’Il aura vu que nous voulons imiter non Hérode ou les scribes ou les pharisiens, mais les humbles bergers, privés de tout mais pleins de Dieu.

 

(M. l’abbé Giuseppe Murro, Sodalitium n° 45, pp. 77-78).

Partager cet article

Repost 0
Published by oblatio-munda
commenter cet article

commentaires

Nous Contacter

Oblatio Munda

rpguerard.JPG

« Il faut que dure sur terre l’Oblation pure,

l’Oblatio munda.

Certains me prêtent l’intention de vouloir “ sauver

l’Église ”. Je refuse au contraire de m’associer avec

ceux qui professent ce propos “ in directo ”.

Car Dieu seul, Jésus seul sauvera Son Église dans

le Triomphe de Sa Mère. De ce fait, je suis certain.

Je n’ai pas à savoir le “ comment ”.

Par contre, je crois devoir tout sacrifier, faire tout ce

qui est en mon pouvoir, pour que perdure sur terre

l’Oblatio munda ».

Mgr Guérard des Lauriers

(Sodalitium n° 13, mars 1988)

  Spiritual Father of Sedevacantsm

«  Je ne me suis pas fait prêtre pour

commettre des sacrilèges ».

Padre Joaquin Saenz y Arriaga, S.J.

   p.barbara

« Le devoir de défendre la Messe est

un honneur et c’est une grâce ».

Père Noël Barbara

  

vinson

« Nous avons un phare de vérité, c’est Rome !

Soyons des passionnés de Rome. Ayons pour

certain que celui qui est désaffectionné

de Rome est déjà tombé dans l’erreur ;

et qu’on ne peut être dans une erreur

(fondamentale, sérieuse) sans qu’il y ait

une désaffection pour Rome. Demandons

cet amour pour la Vérité et pour l’Eglise ».

 Père Georges Vinson

   

null  Le blog en espagnol

 

 

Recherche

Catégories