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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 16:36

De nombreux prêtres en France et ailleurs dans le monde ont appelé à prier pour le repos de l’âme de l’abbé Cekada. Tous ont salué un véritable et grand combattant de la Foi. Bien que beaucoup aient déjà été amenés à lire quelques-uns de ses travaux, peu connaissent son parcours.
Né en 1951 en Californie, il a grandi pendant les années révolutionnaires des années 1960. Privilégié pour appartenir à la dernière génération élevée dans la vraie Foi catholique, il a été éduqué par les sœurs dominicaines et nourri spirituellement avec la messe chantée quotidienne. Cette foi le forma, l’inspira et exigea inévitablement de nombreux sacrifices, qu’il consentit volontiers pour l’Eglise et pour les âmes.
A l’âge de 14 ans, il entra au séminaire préparatoire à Milwaukee et étudia également l’orgue et la composition musicale. Et, par la suite, c’est durant plus de quarante ans qu’il enseigna - en tant que professeur de séminaire - la musique, la liturgie, les psaumes et le droit canonique. [nécrologie de l’abbé Cekada : cliquez ICI]
Sur son blog, Mgr Sanborn retrace en quelques mots la vie de ce vaillant et érudit prêtre. “Un général est tombé” écrit-il. Voici quelques extraits (traduits en français) de la publication de l’évêque américain que vous pouvez retrouver en intégralité sur son site In Veritate :

 

C’est l’abbé Cekada qui m’a poussé à fonder le séminaire de la Sainte Trinité en 1995. Mgr Dolan avait été consacré en 1993, et il était temps d’organiser un lieu pour la formation des prêtres.
J’ai dit à l’abbé Cekada que je ne pouvais pas faire le séminaire tout seul, car j’enseignais à l’époque dans notre école du Michigan. Il s’est donc porté volontaire pour venir une semaine par mois donner certains cours aux séminaristes. Il l’a fait fidèlement jusqu’en novembre 2019.
En décembre, il a annulé son voyage, se plaignant de se sentir malade. Personne ne le savait alors, mais cette “maladie” était le début de ce qui allait lui être fatal. C’est en effet à cette époque qu’il commence à avoir une série de petits accidents vasculaires cérébraux qui finiront par lui coûter la vie.
Le diagnostic de l’attaque n’a été posé qu’en janvier de cette année. Bien qu’il ait subi un ralentissement à cause de l’attaque, il était encore très maître de lui et attendait avec impatience une guérison complète. Il s’est progressivement amélioré. Nous étions tous très optimistes. Il a même fait des cours en ligne pour les séminaristes au printemps. Il a annoncé qu’il donnerait certainement des cours aux séminaristes pour le trimestre d’automne - ce qui aurait été le cas maintenant - mais Dieu avait d’autres plans pour lui.
De juin à août, la situation s’est progressivement détériorée, jusqu’à ce qu’il soit finalement conduit à l’hôpital début septembre avec une nouvelle attaque. De plus, on soupçonnait le retour de son cancer. Il souffrait également de fibrillation auriculaire. Les médecins ont estimé qu’il était incurable et l’ont renvoyé chez lui. Il est mort quelques jours plus tard.
 

Un ami de quarante-cinq ans
J’ai rencontré l’abbé Cekada pour la première fois au printemps 1975, quelques mois avant mon ordination. Le séminariste de l’époque, Daniel Dolan, et moi-même avons voyagé d’Ecône à Fribourg, en Suisse, pour rencontrer le moine de l’époque, Anthony Cekada. Ils s’étaient déjà connus dans un monastère cistercien du Wisconsin. Daniel Dolan avait quitté les Cisterciens et s’était rendu à Ecône. Anthony Cekada y était resté et avait été envoyé à Fribourg pour y suivre une formation complémentaire.
Le but de ce voyage était de convaincre Anthony Cekada de quitter les cisterciens conservateurs du Novus Ordo et de venir à Ecône. Cela a fonctionné. Anthony Cekada entre à Ecône en automne 1975 et est ordonné en juin 1977.
Après son ordination par Mgr Lefebvre, l’abbé Cekada a été envoyé à Armada, dans le Michigan, pour m’aider au séminaire. Il y est resté environ un an, puis il est allé à Oyster Bay Cove, dans une propriété de Long Island. De là, il a publié, avec l’abbé Kelly et d’autres, une publication intitulée The Roman Catholic. J’étais en contact régulier avec l’abbé Cekada pendant cette période, car j’étais censé contribuer au magazine.
Les années 1976 à 1978 sont les années de la “ligne dure” de l’archevêque Lefebvre. En mai 1976, il est suspendu a divinis, ce qui signifie qu’il ne peut plus exercer légalement ses fonctions sacerdotales et épiscopales. Jusqu’à cette date, l’archevêque poursuivait une politique de réconciliation avec les modernistes du Vatican. En 1976, il fait volte-face et se met à juste titre en colère en pensant que, si les hérétiques modernistes avaient carte blanche dans la nouvelle religion de Paul VI, il serait puni.
Ceux d’entre nous qui avaient vécu les horreurs des séminaires du Novus Ordo étaient, bien sûr, ravis de cette tournure des événements, car nous ne voulions aucun compromis avec les modernistes.
Cependant, au cours de l’été 1978, Paul VI est mort et Wojtyla (Jean-Paul II) a été élu en octobre. Tout a alors changé pour Mgr Lefebvre, car il avait à nouveau l’espoir de se réconcilier avec les modernistes.
Ce changement d’orientation a été le début de notre conflit avec l’archevêque. Au printemps 1983, les “Neuf” n’étaient plus avec Mgr Lefebvre : neuf prêtres américains de la Fraternité Saint-Pie X ont été mis à la porte parce qu’ils s’opposaient à des modifications préparatoires à l’absorption de la Fraternité par le Novus Ordo.
 

Un combattant et un chercheur
Tous ceux qui ont connu l’abbé Cekada savent qu’il était un combattant infatigable. Il n’a jamais été quelqu’un qui se laisse faire quand on le conteste, le contredit ou l’attaque. L’adversité ne le déprimait pas, elle le motivait.
Dans ses batailles théologiques avec les autres, j’ai toujours remarqué que si vous étiez respectueux avec lui, il le serait en retour. C’était vrai même si vous n’étiez pas du tout d’accord avec lui.
L’abbé Cekada ne s’est jamais considéré comme un penseur profond, ni en philosophie ni en théologie, mais il était un excellent chercheur. Il prenait toujours la peine de trouver les sources originales des citations qui lui servaient d’arguments contre lui.
Son chef-d’œuvre de recherche a été son livre, Work of Human Hands, qui a exposé l’ensemble du mouvement liturgique depuis son origine, en montrant comment, depuis 1948, il y a eu un processus progressif, sous la direction du franc-maçon Bugnini, pour détruire la liturgie romaine. Le point fort de l’abbé Cekada était la liturgie sacrée, et je me réjouis qu’il nous ait laissé ce livre, témoignage permanent d’accusation contre la nouvelle messe. C’est en effet son héritage, plus que tout autre chose.

 

Un sens aigu de l’humour
L’abbé Cekada est à la fois une figure dont on se souvient avec tendresse et qui nous manque cruellement pour son sens de l’humour. C’était la personne la plus vive d’esprit que j’ai jamais rencontrée. Il nous faisait tous rire, il nous illuminait dans ce problème sans fin et déprimant de l’Église.

 

Un général est tombé
L’abbé Cekada peut dire avec saint Paul : “J’ai combattu le bon combat, j’ai fini ma course, j’ai gardé la foi” (II Timothée IV, 7). L’abbé a donné toute sa vie à la lutte contre le modernisme. Il a donné tout ce qu’il avait. Il a utilisé toutes ses capacités dans cet effort gargantuesque que nous entreprenons chaque jour pour défaire Vatican II et ses effets.
Il m’est difficile de concevoir le mouvement traditionnel sans l’abbé Cekada. Ensemble, nous avons formé une bonne équipe, chacun contribuant à la préservation et à la défense de la foi catholique contre les assauts des modernistes. Nous avons également dû défendre nos positions contre les critiques de nos collègues traditionalistes de toutes tendances.
Sa disparition est, bien sûr, une source de grande tristesse pour nous, mais nous sommes réconfortés par les circonstances de son décès. L’abbé Cekada n’était pas un sot, et comme il se détériorait de mois en mois, je suis persuadé qu’il savait qu’il était en train de mourir. Cette prise de conscience lui a donné la merveilleuse opportunité de se préparer à la mort. Il était constamment assisté par Mgr Dolan et d’autres membres du clergé, tant pour ses besoins spirituels que matériels. Il est mort paisiblement en présence de sa famille et de ses amis proches.
Bien que personne ne soit parfait, je pense que nous avons un espoir solide du salut éternel de l’abbé Cekada. Cependant, seul Dieu est son juge, et nous ne devrions jamais cesser de prier pour le repos de son âme. Même Saint Paul a dit : “Car je n’ai rien sur ma conscience ; mais par là je ne suis pas justifié ; mais celui qui me juge, c’est le Seigneur” (I Cor. IV, 4) Les prêtres font des fautes comme tout le monde, et ces fautes, si elles ne sont pas expiées dans cette vie, doivent l’être dans la prochaine, c’est-à-dire au Purgatoire.
 

Séminaire de la Très Sainte Trinité
L’abbé Cekada était très dévoué au séminaire, et il nous manquera beaucoup. Il était spécialiste dans les domaines du droit canonique et de la liturgie, ayant fait des années de recherche dans ces deux domaines. Nous qui sommes restés, nous devons maintenant remplir les blancs, et ce ne sera pas une tâche facile.
Il s’intéressait particulièrement aux séminaristes, se faisant un devoir de se promener dehors avec chacun d’eux chaque fois qu’il venait. Pendant ses cours, il y avait souvent des éclats de rire. Il a toujours gardé ses cours intéressants en y insérant des remarques humoristiques. L’abbé Cekada plaisantait sur lui-même, disant que sa visite mensuelle au séminaire “était comme un cirque qui vient en ville”. Les séminaristes l’aimaient, et il leur manquera terriblement.
 

Une source d’inspiration pour les jeunes hommes
Lorsque Notre Seigneur a quitté ce monde en montant au ciel, les anges ont dit aux Apôtres, qui étaient stupéfaits, de regarder le ciel : “Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel”. C’est comme si on disait : “Il ne reviendra pas avant longtemps, très longtemps. Pourquoi regardez-vous le ciel vide comme s’il allait bientôt revenir ?
En d’autres termes, l’œuvre de Notre Seigneur sur la terre a été accomplie. Le travail de l’abbé Cekada est donc terminé, et il est parti dans un autre monde. Nous ne le reverrons pas avant le dernier jour.
Tout comme les Apôtres ont donc dû mettre de côté leur joie pour la présence physique du Christ et ont dû donner leur vie à la construction de l’Église, nos jeunes hommes ne devraient pas passer beaucoup de temps à contempler la tombe de l’abbé Cekada et à pleurer sur elle, mais plutôt chercher à poursuivre son œuvre en devenant prêtres, en devenant le grand combattant qu’il était, le grand chercheur, l’un des généraux dans notre lutte contre le modernisme.
Si l’abbé Cekada pouvait nous dire quelque chose depuis sa tombe, je suis sûr qu’il inciterait les jeunes hommes à s’engager, à porter des armes spirituelles contre l’ennemi moderniste, à travailler sans relâche, comme il l’a fait pour la restauration de la vraie Foi.

 

http://www.catholique-sedevacantiste.fr/

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« Il faut que dure sur terre l’Oblation pure,

l’Oblatio munda.

Certains me prêtent l’intention de vouloir “ sauver

l’Église ”. Je refuse au contraire de m’associer avec

ceux qui professent ce propos “ in directo ”.

Car Dieu seul, Jésus seul sauvera Son Église dans

le Triomphe de Sa Mère. De ce fait, je suis certain.

Je n’ai pas à savoir le “ comment ”.

Par contre, je crois devoir tout sacrifier, faire tout ce

qui est en mon pouvoir, pour que perdure sur terre

l’Oblatio munda ».

Mgr Guérard des Lauriers

(Sodalitium n° 13, mars 1988)

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«  Je ne me suis pas fait prêtre pour

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