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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 20:20

Sentite de Domino in bonitate.

Ayez des pensées dignes du Seigneur au sujet de sa bonté (Sap. I, 1).

Au respect d’instinct, d’hommage extérieur, doit se joindre un respect d’amour : le premier honore la dignité de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui-ci sa bonté ; le premier est le respect du serviteur, celui-ci du fils.

Or, c’est à celui-ci que Notre Seigneur attache le plus de prix ; et s’arrêter au respect extérieur, ce serait rester à la porte : Notre Seigneur veut surtout être honoré dans sa bonté.

Dans la loi ancienne, il en était autrement ; Dieu avait écrit sur son Temple : Tremblez en approchant de mon sanctuaire. Il fallait faire trembler ces Juifs charnels et les conduire par la crainte.

Mais aujourd’hui que Dieu s’est incarné, il veut que nous le servions par amour, et il a écrit sur son tabernacle : Venez, je suis doux et humble de cœur.

Pendant sa vie mortelle, ses disciples, ses ennemis même, l’appelaient Magister bone, bon Maître. Mais c’est maintenant, c’est dans l’Eucharistie que Jésus veut jouir de son titre de bon Maître ; loin de changer, il a augmenté sa familiarité avec nous : il veut que nous pensions à sa tendresse, que nous dilations notre cœur, que ce soit le bonheur de le voir qui nous attire à ses pieds.

Si Notre-Seigneur montrait sa gloire, nous nous arrêterions là sans aller jusqu’à son Cœur. Nous serions juifs : Notre-Seigneur nous veut enfants.

Aussi Notre-Seigneur ne veut du respect extérieur que comme un acte premier, qui nous conduise à son Cœur, qui nous fasse rester dans sa paix.

Si nous voyions Notre-Seigneur dans sa grandeur, nous tremblerions, nous nous jetterions par terre, nous ne ferions jamais un acte d’amour.

Il y a des livres qui ne parlent jamais que de la majesté de Dieu. En passant, je le veux bien ; mais s’y arrêter, en faire toute sa prière, cela n’est pas bon, cela fatigue.

Mais en face de Notre-Seigneur si bon, on prie une heure, deux heures, sans tension d’esprit : si les distractions viennent, on en demande pardon, et aussi souvent qu’elles se présentent ; on ne se lasse pas : on sait qu’on sera toujours pardonné. Autrement, après quelques distractions, on quitterait la prière tout découragé.

La considération de la bonté de Jésus l’honore. Elle le fait travailler ; car sa bonté ne peut s’écouler que plus bas qu’elle ; en me mettant bien bas et en me faisant tout petit, je me fais inonder de ses grâces, de ses douces effusions. On se met alors avec les pauvres, les petits, que Jésus aimait tant ; on dit à Jésus : Vous êtes bon : eh bien, voilà où épancher votre bonté !

On parle ! Autrement on fait comme devant les rois, on tremble et on reste là sans savoir que dire. L’Eucharistie, par sa douceur, rend éloquente la langue des petits enfants et nous sommes tous des enfants. La bonté de l’Eucharistie rend nos prières plus faciles et plus suaves.

Le culte d’amour doit nous faire venir avec confiance devant Notre-Seigneur. Personnalisons son amour ; disons-lui : Seigneur, me voici moi que vous avez tant aimé, attendu ; moi à qui vous tendez les bras. Cette pensée vous dilatera.

Dites-vous bien que Jésus vous aime personnellement : on ne peut demeurer insensible devant une telle pensée. C’est d’ailleurs le secret du recueillement vrai et pas guindé. Pour être recueilli en Jésus et agir tout de même, et remplir les obligations de votre état, mettez-vous dans la bonté de Jésus : votre cœur agira en lui, c’est le recueillement. En même temps, l’esprit sera libre, indépendant ; vous pourrez l’appliquer à tout ce que vous voudrez. Le cœur dirige et gouverne la tête ; il lui envoie ses influences.

C’est ainsi que la présence de Dieu s’allie à tout. Tandis que si votre esprit veut être toujours sous l’impression de la majesté et de la grandeur, il s’absorbe ou se fatigue : il perd de vue Dieu ou ses devoirs. Le recueillement du cœur est le vrai. Dieu a mis en nous une petite mesure d’esprit, vite épuisée ; mais du cœur, il en a mis beaucoup. Le cœur peut toujours aimer davantage, et la présence cordiale de Dieu s’allie à tout ; elle encourage : avec elle on sait que Dieu est bon et miséricordieux : on vit dans sa bonté.

L’obéissance filiale a un parfum que rien ne remplace, qui ne se fatigue pas ; elle est affectueuse, exempte de vanité. Notre-Seigneur nous la demande. Donnons-lui enfin tout notre cœur !

Donc, en entrant dans sa présence, l’honneur de respect instinctif, profond, pour sa majesté. Mais de là, allons à sa bonté et demeurons-y.

Manete in dilectione mea : Demeurez dans mon amour.

Vénérable Pierre-Julien Eymard, La divine Eucharistie.

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« Il faut que dure sur terre l’Oblation pure,

l’Oblatio munda.

Certains me prêtent l’intention de vouloir “ sauver

l’Église ”. Je refuse au contraire de m’associer avec

ceux qui professent ce propos “ in directo ”.

Car Dieu seul, Jésus seul sauvera Son Église dans

le Triomphe de Sa Mère. De ce fait, je suis certain.

Je n’ai pas à savoir le “ comment ”.

Par contre, je crois devoir tout sacrifier, faire tout ce

qui est en mon pouvoir, pour que perdure sur terre

l’Oblatio munda ».

Mgr Guérard des Lauriers

(Sodalitium n° 13, mars 1988)

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«  Je ne me suis pas fait prêtre pour

commettre des sacrilèges ».

Padre Joaquin Saenz y Arriaga, S.J.

   p.barbara

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un honneur et c’est une grâce ».

Père Noël Barbara

  

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certain que celui qui est désaffectionné

de Rome est déjà tombé dans l’erreur ;

et qu’on ne peut être dans une erreur

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